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Qui est vraiment Adélie ?

Adélie, la mascotte du Vendée Globe depuis cette 10e édition, est une espèce de manchot vivant en Antarctique. Récemment, un manchot Adélie perdu et désorienté a été retrouvé sur la côte néo-zélandaise, bien loin de son habitat naturel. Ce phénomène ne constitue pas un cas isolé : les oiseaux de l’Antarctique sont parfois aperçus loin de leurs territoires habituels, soulevant des inquiétudes sur l’impact du changement climatique et des transformations environnementales sur ces espèces vulnérables.

LES SABLES D'OLONNE, FRANCE - 8 NOVEMBRE 2024 : La mascotte Adélie pose avec la foule sur les pontons, dans une série spécifique de portraits réalisés lors du pré-départ du Vendée Globe, le 8 novembre 2024 aux Sables d'Olonne, France - (Photo by Jean-Louis Carli - Vincent Curutchet / Alea).
LES SABLES D'OLONNE, FRANCE - 8 NOVEMBRE 2024 : La mascotte Adélie pose avec la foule sur les pontons, dans une série spécifique de portraits réalisés lors du pré-départ du Vendée Globe, le 8 novembre 2024 aux Sables d'Olonne, France - (Photo by Jean-Louis Carli - Vincent Curutchet / Alea).

En savoir plus sur les oiseaux des pôles observés hors de leurs territoires habituels 

Découvrons un peu plus la mascotte Adélie - qu’il est bien sûr impensable de voir en Vendée - en volant dans les plumes de 7 idées reçues concernant ce petit manchot aux reflets rosâtres sur le bord du bec, blanc et noir. 

1. Ils n'ont jamais vu de volcan [Faux]

Le piedmont maritime d'Erebus, un volcan actif de l'Antarctique, est habité par les manchots Adélie. Quinze pour cent de la population mondiale de l'espèce s'y reproduit. Une colonie y accueille 300 000 couples chaque année. Il faut dire que le trait de côte du volcan est bien situé, à proximité des gyres de la mer de Ross. Imaginons, même si cela est difficile à vérifier, que les fumées du volcan en éruption sont un repère visuel pour ces oiseaux migrateurs.

2. On connaît toutes les colonies [Faux]

De nouvelles colonies de manchots sont régulièrement découvertes tout autour du continent blanc. En 2022, un navire affrété pour la recherche a découvert une colonie d'oiseaux non répertoriée dans le sud-est de la péninsule Antarctique. Dans ce cas, il est difficile de savoir s'il s'agit d'une colonie ancienne ou de nouveaux occupants qui auraient décidé de déménager. Ceci ne facilite pas les décomptes. En 2016, la fonte anormale a laissé apparaître une colonie disparue depuis plus de 800 ans. Un autre type de découverte, une sorte de Pompéi des Adélies ensevelis par le petit âge glaciaire.

Adélie
© Julia Hager

3. L'activité humaine les dérange [Vrai et Faux]

Les stations scientifiques côtières du continent blanc ont souvent été construites à proximité de colonies de manchots, pour les étudier. La question du dérangement ne s'est posée qu'ensuite. À Dumont-d'Urville, par exemple, des règles de cohabitation ont été mises en place pour limiter les perturbations et les chercheurs ont testé l'effet de leur présence. Les poussins éprouvent du stress, mais pas les adultes. Les visites touristiques sur des sites de reproduction sont encadrées par des guides, critiquées par les défenseurs de l'environnement et étudiées par quelques scientifiques.

4. Ils construisent des nids en pierre [Vrai]

Pour revenir à la question précédente, la construction de Dumont-d'Urville aurait produit de petites pierres prisées par les manchots Adélie lorsqu'ils construisent leurs nids. Ces petits cailloux, nombreux près des fondations de la station, pourraient aider ces derniers à bâtir une coupelle dans laquelle ils pondent leurs œufs. Mâles et femelles l'entretiennent, et cette complicité n'est pas remise en question quand il s'agit de chaparder les pierres des voisins.

Adélie
© Julia Hager

5. La glace les empêche de naviguer dans l'océan [Vrai et Faux]

La marche sur la banquise leur permet de rejoindre l'eau libre, pourvu que celle-ci ne soit ni trop rugueuse ni trop vaste, auquel cas les manchots se fatiguent pour regagner l'océan depuis la côte. Ensuite, la concentration de glace idéale pour les palmipèdes est de 80 %, ainsi ils peuvent plonger, nager, sauter et se reposer sur la glace dérivante qui les transporte vers le nord en hiver et vers le sud en été. Ils peuvent parcourir 12 000 kilomètres par an dans la mer de Ross. Dans la mer de Weddell, les conditions de glace de mer sont encore stables malgré le changement climatique, et les scientifiques estiment que c'est une zone refuge.

6. Leur appétit vient en mangeant [Vrai]

Un Adélie particulièrement glouton a été ausculté et il tenait 4 200 krills dans son estomac, soit plus de 4 kilos. Autour de l'archipel Orkney, 9 000 tonnes de krill seraient collectées chaque saison pour nourrir de jeunes poussins. L'espèce est en 4e position dans le classement des oiseaux mangeurs de krill en Antarctique. Ce manchot chasse également des poissons, qu'il poursuit, double et intercepte dans sa course avec son bec.

7. Ils sont en déclin [Faux, pour le moment]

Si l'on regarde de plus près, en dehors des colonies qui sont stables, certaines sont en déclin en raison du changement climatique, ou de la pêche. Par exemple, près de la station australienne Mawson, le déclin a été estimé à 43 % en 2022. Mais, d'autres populations progressent depuis plusieurs décennies. Sur l'archipel de Windmill, les résultats des décomptes ont été multipliés par six en 60 ans. Des progrès qui ralentissent toutefois, freinés par les populations de baleines qui se rétablissent et mangent aussi du krill. Les colonies d'Adélie sont donc globalement stables autour de l'Antarctique, mais il en sera peut-être autrement à l’avenir

Adélie
© Julia Hager

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