24 Septembre 2021 - 10h00 • 2135 vues

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Le week-end dernier à Lorient, 14 duos se sont rôdés pour la dernière compétition officielle avant la Transat Jacques Vabre. Si Charlie Dalin et Paul Meilhat ont une nouvelle fois fait la preuve de leur talent, les tandems Thomas Ruyant – Morgan Lagravière (LinkedOut), Justine Mettraux-Simon Fisher (11th Hour) ou encore Sam Davies-Nicolas Lunven (Initiatives Cœur) ont montré de belles dispositions. Bilan à 44 jours de la Transat Jacques Vabre.

Le Défi Azimut-Lorient Agglomération ? « C’est une machine à bonheur », s’amuse Jean-Marie Corteville, son organisateur. De mercredi à dimanche dernier, au large de la ‘Sailing Valley’ – cette côte bretonne où plus de 200 entreprises et 1000 personnes travaillent pour la course au large - 14 IMOCA ont pris part à la 11e édition de cet événement annuel. L’occasion pour nombre de teams de se retrouver et de convier leurs partenaires et leurs équipes techniques à bord. Un moment à part alors que le départ de la Transat Jacques Vabre, dont la conférence de presse a eu lieu ce jeudi, sera donné le 7 novembre prochain.

APIVIA, la démonstration de force

Sportivement, « le niveau est excellent » résume Jean-Marie Corteville. « On voit à quel point les duos sont entraînés, les réglages sont déjà optimums et les fautes sont rares ». Dans chacune des trois compétitions, un petit air de Vendée Globe se faisait sentir au-dessus de la flotte. « On a eu peu d’occasions de se mesurer les uns aux autres, ça faisait plaisir de ressentir cette adrénaline-là », apprécie Justine Mettraux (11th Hour).

Le premier enseignement de ce week-end prolongé et iodé, c’est la domination d’APIVIA. Dans la lancée de leur victoire à la Rolex Fastnet Race il y a un mois, Charlie Dalin et Paul Meilhat ont remporté sous la pluie l’épreuve-reine, les 48H Azimut, puis terminé 2e du Tour de Groix. « Pendant la nav’, je me disais qu’on fonctionnait avec Paul comme si on se connaissait depuis dix ans, souligne Charlie Dalin. On a à peine besoin de se parler, on se comprend tout de suite ». Le duo est rôdé et l’histoire est avec eux : le vainqueur des 48H Azimut est régulièrement vainqueur de la course suivante, de très bon augure pour APIVIA avant la Transat Jacques Vabre.

De (très) bons outsiders

 Les skippers ont pu se mesurer à un parcours particulièrement exigeant avec une variété de conditions idéales avant la grande transatlantique. « Il y avait une intensité comparable à ce que nous allons connaître au départ de la Transat Jacques Vabre », atteste Thomas Ruyant, 3e avec Morgan Lagravière. Le skipper de LinkedOut reconnaît la maîtrise d’APIVIA : « ce sera le bateau à battre ». Il n’empêche, les outsiders sont nombreux et ces deux jours sur l’eau l’ont démontré. Parmi les bonnes surprises, le duo Justine Mettraux et Simon Fisher (11th Hour), à bord de l’ex-HUGO BOSS, qui ont pris la deuxième place. La Suissesse raconte. « On a eu une belle palette de conditions : du petit temps, un passage de front avec des vents  de 25 à 30 nœuds, du portant… Pour nous, le bilan est très positif, on a une super entente entre nous et un bon équilibre à bord. »

On notera également les belles prestations de Bureau Vallée 3 (Louis Burton-Davy Beaudart) et d’Arkea-Paprec (Sébastien Simon-Yann Eliès) qui intègrent le ‘top 5’ des 48H Azimut, ainsi que la 3e place d’Initiatives Cœur (Sam Davies-Nicolas Lunven) au Tour de Groix. Pour tous, il s’agit encore de peaufiner les détails, de travailler la complicité et de gagner en confiance à bord.

« Malgré tout, nous avons beaucoup appris » (Attanasio)

La flotte n’a pas été épargnée par les pépins pendant la compétition. Manuel Cousin et Alexia Barrier sur Groupe Sétin - 4MyPlanet ont cassé une pièce de dérive. Charlie Enright et Pascal Bidégorry ont eu une rupture de connexion entre la barre et le safran. « Il y a eu du bon et du moins bon pour nous, confie Charlie Enright. Mais pour nous, l’essentiel était de montrer notre potentiel et de cerner tous les points que nous avons à améliorer ». À bord de Fortinet-Best Western, l’amure de la voile d’avant s’est décrochée puis le spinnaker a explosé et s’est coincé dans les foils. « Malgré tout, nous avons beaucoup appris, souligne Romain Attanasio. Nous savons que le plus délicat, c’est de trouver le bon compromis, le bon curseur entre attaquer et préserver son bateau. »

Ce sera l’objectif de tous les skippers qui se présenteront sur la ligne de départ, dans 44 jours, de la Transat Jacques Vabre. Pour les organisateurs du Défi Azimut en tout cas, la mission est accomplie. Et tous regardent l’avenir avec enthousiasme, avec une nouvelle édition prévue l’an prochain, quelques semaines avant la Route du Rhum 2022. « Nous garderons la même formule qui est parfaite, souligne Jean-Marie Corteville. On va sans doute densifier le 48H Azimut et surtout accueillir de nombreux skippers. Nous attendons 25 bateaux et nous savons que 100% des marins présents cette année le seront aussi l’an prochain ! »

Par la rédac du Vendée Globe / Antoine Grenapin