10 Mai 2022 - 08h44 • 2073 vues

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Le 12 juin prochain, s'élancera la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne, étape d'importance sur la route du Vendée Globe 2024. Francis Le Goff, le directeur de course, décrypte le parcours qui s’annonce atypique, exigeant, et propice à une belle bagarre au large.

Ce n’est pas vraiment un trajet habituel pour les skippers IMOCA, qui ne trouveront pas ces alizés qui portent leur route dans leurs transatlantiques. La Vendée Arctique - Les Sables d’Olonne, deuxième course IMOCA prévue en cette année 2022, promet une sacrée explication entre toute la flotte. Elle sera aussi un challenge pour les marins et leurs monocoques. 

La route ?  
- Quitter le port des Sables d’Olonne ravivera la passion des spectateurs et les doux souvenirs des skippers du Vendée Globe.  
- La flotte longera ensuite les côtes jusqu’à la pointe de la Bretagne avant de filer jusqu’au Fastnet.

- Ensuite, la remontée vers le nord continuera, direction l’Islande avec un objectif : contourner l’île puis rallier un ‘way point’ (un point de passage) au cercle polaire. Un monument symbolique, et un sacré défi pour les skippers : « Globalement, souligne Francis Le Goff, le directeur de course, cela s’apparente à la météo d’une Transat anglaise, mais ils devront se rendre dans des latitudes nord que nous ne connaissons pas en IMOCA ». S’il n’y a pas d’inquiétude en matière météorologique – « les conditions de vent et de circulation des dépressions ne sont pas mauvaises en juin » -, Francis le Goff prévient que les skippers « ne seront pas à l’abri d’une belle et grosse dépression ».  

Sollicités en permanence 
Au total, 3 500 milles nautiques seront à parcourir en théorie, soit 5 633 km. Les plus rapides devraient en terminer après 11 à 12 jours de mer. Mais la direction de course met en garde contre « les phénomènes un peu plus violents qui passent rapidement, qui peuvent être aussi courts que virulents ».  

Il faudra donc être vigilant, d’autant que les moments de répit peuvent être rares. « En somme, c’est l’équivalent d’une transat sur une route plus compliquée, décrypte Francis Le Goff. Il y aura beaucoup de transitions, des états de mer qui changent… Les bateaux seront sollicités en permanence ». Il conviendra donc de savoir où placer le curseur, entre la volonté d’attaquer et de se battre pour les places d’honneur, tout en préservant les monocoques.   

Des options possibles  
La direction de course a mis plusieurs options sur la table en matière de parcours pour parer les coups de Trafalgar météorologiques qui pourraient s’installer dans cette zone où bien peu naviguent à la voile. « On le déterminera au dernier moment ». Ainsi, les skippers pourraient contourner l’Islande par le nord-ouest ou seulement franchir un ‘way point’ à l’est du pays. Un troisième parcours est également dans les tuyaux « en fonction de la météo et de ce qui peut se passer durant les 5 jours après le départ ». Celui-ci prévoit un passage au sud de l’Islande avant de bifurquer vers le sud.  

Après ce passage dans le nord, tous redescendront pour contourner une bouée virtuelle au milieu de l’Atlantique, à la latitude des Sables d’Olonne avant de revenir vers le port vendéen.  

Des milles à cumuler 
Aux enjeux de l’instant viennent s’ajouter ceux liés à la construction du projet Vendée Globe 2024. Pour accéder à sa ligne de départ qui sera ouverte à 40 bateaux, les skippers devront se qualifier sur l’eau. La Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne est la première course qualificative de la route qui mène à 2024 ; elle est également la 3e course de sélection après la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre 2021 et la Bermudes 1000 Race. Tous auront donc la volonté chevillée au corps d’accumuler un maximum de milles. De quoi renforcer un peu plus l’attrait de cette course atypique qui met le cap vers le Nord.